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...Dante et Virgile aux enfers est une partie de La Divine Comédie de Dante où les deux poètes traversent les enfers, disposés en 8 cercles, évoluant vers le centre de la Terre et vers des tourments de plus en plus forts. C'est en partant du poignant tableau de Delacroix que j'ai découvert le tableau de Bouguereau, plus académique, mais impressionnant par la violence qu'il s'en dégage. Ma préférence va tout de même au tableau de Delacroix, beaucoup plus tourmenté et effrayant du fait des visages déments, de ce damné qui mord la barque et les autres qui se démènent en furie pour grimper dessus...
William Bouguereau, Dante et Virgile en enfer, 1850
Eugène Delacroix, La barque de Dante ou Dante et Virgile aux enfers, 1822
Bien qu'inspirée de la tradition mythologique, l'oeuvre montre le poète italien Dante Alighieri (1265-1321). Dante raconte dans sa Divine Comédie, (1306-1321), la visite qu'il aurait accomplie dans l'enfer, guidé par Virgile. La Divine Comédie est divisée en trois parties : l'enfer, le purgatoire, le paradis, et c'est en enfer que Dante effectue ce voyage initiatique avec le poète antique, traversant les neuf cercles et rencontrant Béatrice, qui le conduira au paradis. Ici, Dante et Virgile, conduits par Plégias, franchissent le lac qui entoure la cité infernale de Dité et dans lequel se tordent des damnés. Les damnés tentent de s'échapper de l'enfer en s'accrochant à la barque.
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Le chant VIII de l’Enfer de La Divine Comédie inspire à Delacroix le sujet de son premier « coup de fortune » au Salon de 1822.
Dante et Virgile, debout sur une barque que guide Phlégias, traversent le Styx, vers l’infernale Cité. Les damnés s’agrippent à leur barque pour tenter de s’échapper. Virgile saisit la main gauche de Dante, qui, effrayé, lève le bras droit pour se protéger.
Amplement drapés, les corps des poètes sont à peine suggérés. La tête couverte de Dante, et celle couronnée de laurier de Virgile, reflètent la force de l’âme et contrastent avec la torsion des corps des damnés et du torse de Phlégias.
Au premier plan à gauche, un homme retient la barque avec ses dents. Son visage est déformé par l’effroi, et ses yeux exorbités. Celui qui essaie de monter est « la meilleure tête » d’après Delacroix qui la peignit rapidement, sous l’effet électrisant de la lecture du chant VIII par son ami Pietri et de la musique. Un autre, à bout de force, se laisse engloutir par le Styx. La femme agrippée à la barque, à droite, rappelle La Nuit du tombeau de Julien de Médicis.
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