Samedi 12 septembre 2009
L'élégance du hérisson Je m’appelle Renée, j’ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bougeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j’ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l’idée que l’on se fait des concierges qu’il ne viendrait à l’idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.

Je m’appelle Paloma, j’ai douze ans, j’habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c’est le bocal à poissons, la vacuité et l’ineptie de l’existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C’est pour ça que j’ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai.

...J'ai évité de lire jusqu'à maintenant les critiques de ce livre qui bénéficie d'un matracage commercial de ces temps-ci. Parceque, pour ce genre de livre, il va y avoir pleines de mauvaises critiques qui diront que c'est "génial, brillant" et d'autres qui diront que c'est du tout pourri.
Bref, ce n'est ni l'un ni l'autre...


La concierge étant très cultivée, le livre est bourré de références culturelles les plus diverses, alors heureusement, fort heureusement, j'ai déjà lu Anna Karénine, j'adore l'aria de la mort de Didon, et lu également Autant en emporte le vent.
Mais malheureusement pour moi, je ne connais pas les films d'Ozu, ni n'ai aucune connaissance en philosophie, Kant et tout ça.

Je récapitule :
En préambule du livre, il faudrait indiquer qu'il faut auparavant connaître :
- Kant et avoir des notions de philosophie en général
- avoir lu Anna Karénine, Autant en emporte le vent, et d'autres que j'oublie
- connaître les films japonais
- l'aria de la mort de Didon de Purcell, Confutatis du requiem de Mozart et même la chanson Loose yourself d'Eminem

Voilà, l'auteur se la joue grand philosophe de la vie et moi qui n'y connait/comprend rien de rien en philo, les passages qui en traitent m'ont vite saoulés... et j'ai l'impression qu'il doit y avoir pleins de références que je n'ai pas saisies.
Ca c'était le côté négatif.


Le côté positif maintenant.
Certains passages sont terriblement drôle ! Ca joue à fond sur les stéréotypes mais ça je me marrais toute seule dans le bus. Voilà, il est toujours plus facile de dire du mal que du bien mais au final, c'était fort sympathique, dans une veine tragico-comique. Le dernier tiers du livre rattrape tout.


Et puis ah ! j'ai trouvé un passage qui décrit comme il le faut mon aversion pour les bourgeois qui se la joue gauchistes baba cool. Si j'avais de la syntaxe, j'aurais pu écrire cela :


"Colombe Josse est la fille aînée des Josse. Colombe Josse est aussi une espèce de grand poireau blond qui s'habille comme une bohémienne fauchée. S'il y a bien une chose que j'abhorre, c'est cette perversion des riches qui s'habillent comme des pauvres, avec des fripes qui pendouillent, des bonnets de laine grise, des chaussures de clochard et des chemises à fleurs sous des pulls fatigués. Non seulement c'est laid mais c'est insultant ; rien n'est plus méprisable que le mépris des riches pour le désir des pauvres."
Par Naemia - Publié dans : ...lecture - Communauté : Litterature
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Samedi 12 septembre 2009
...juste parceque j'adore cet air que m'a si souvent rappelé la lecture de "L'élégance du hérisson"...

C'est la seule œuvre de Purcell réellement considérée comme un opéra baroque, les autres (The Fairy Queen, King Arthur, etc.) étant plutôt des semi-opéras ou des masks destinés à être joués au théâtre de par la présence de récitatifs. La forme de Didon et Énée l'apparente au Vénus et Adonis de John Blow.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Dido_and_%C3%86neas

DIDO:
Thy hand, Belinda, darkness shades me,
On thy Bosom let me rest,
More I would, but Death invades me ;
Death is now a welcome guest.
When I am laid in earth, may my wrongs Create
No trouble in thy Breast ;
Remember me, but ah ! forget my Fate.

CHORUS:
With drooping wings you Cupids come,
To scatter roses on her tomb.
Soft and Gentle as her Heart
Keep here your watch, and never part.

Par Naemia - Publié dans : ...musique - Communauté : Musiques
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Samedi 12 septembre 2009
l'étrange histoire de banjamin button Jamais Roger Button n'aurait pensé que la seule évocation de son nom puisse, un jour, faire trembler d'effroi un hôpital voire une ville tout entière... Et pourtant... En ce matin de septembre 1860 M. Button, n'en croit pas ses yeux. En pleine maternité, se dresse dans le berceau de son nouveau-né tant attendu, un homme de 70 ans à la barbe vénérable ! Et il s'agit bien de son fils !
Après cette entrée en fanfare dans la vie, Benjamin Button ne pouvait mener une existence comme les autres : né vieillard, il va vieillir jeune, à rebours des autres, de la nature, des ans.

...Ca va aller vite comme "critique" puisque j'ai déjà revendu le livre.
Forcément, avec la réputation du film et l'édition à 1€50, je me suis laissée tenter.
Ce sont 2 nouvelles courtes (env. une cinquantaine de pages chacune)
La première nouvelle, Benjamin Button, est sympa à lire mais sans émotions, sans surprises. Le dénouement de l'histoire, suffit de l'imaginer et pouf ! c'est bien ça.
Quant à la seconde nouvelle... la fin est inattendue et moralisante comme cela peut être détestable.
Bref, vite lu, vite oublié. Pourvu que le film soit mieux...
Par Naemia - Publié dans : ...lecture - Communauté : Litterature
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Samedi 29 août 2009
"A sa suite, j'entrai dans cet antre de l'extraordinaire, souffrant dès le premier regard de l'impression mitigée que suppose notre curiosité pour l'abject." (p.98)

Au XVIIIème siècle, Étienne de Creyst, l’un des premiers médecins aliénistes, découvre chez les fous les multiples possibilités de l’humain. Il commencera à leur exemple une exploration confinant à la destruction de l’identité. Les « Figures » révèlent les territoires où il est surpris de se reconnaître, ceux du minéral, du végétal, celui de la bête avec
Les figures robert alexis laquelle il communie dans l’universel. Trente ans après, le Mémoire qu’il a rédigé est lu à sa nièce. La jeune femme traversera, de la même façon, les expériences ultimes où se croisent le crime et la sexualité... Quatre lectures, comme autant de clés libératrices ou de cercles d’enfer.

...Attention livre étrange.
Etrange n'est pas le bon terme.
Mais quel terme employer pour un livre dont on a une impression mitigée.
Partagée entre le plaisir d'une lecture peu conventionnelle et le dégoût de certaines situations, fort heureusement peu explicites. L'auteur ne fait pas dans les descriptions qui vous donneraient des hauts de coeur comme a pu le faire Jean Teulé dans "Je, François Villon" mais cela reste une lecture par moment difficile.

2 bien meilleures critiques sont lisibles sur le site de CritiquesLibres :
http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/17854
Je me permettrai d'en citer ceci, qui est si bien dit et qui est si juste à propos de ce livre :
"Subtilement, il nargue ses lecteurs, ses lectrices sans jamais sombrer dans la vulgarité, facilité qu’il écarte, n’usant que d’un phrasé méthodique qui décuple la puissance extraordinaire de ses pernicieuses descriptions de la dépravation qui deviennent saisissantes, fascinantes."

La première partie du roman est froide et cruelle comme peut l'être la folie au fond d'un asile du XVIIIème. C'est cette face cachée que va vouloir découvrir l'héroïne du roman, qui n'a jamais connu que la vie bourgeoise... La seconde partie est une découverte, une descente dans la folie en dehors des lieux hospitaliers, en pleine nature, par l'expérience hallucinante d'Etienne de Creyst...

Dans le même temps, et par le plus pur hasard, j'ai découvert les oeuvres folles du peintre Jean Rustin. Arrivée à un certain point du début du livre, je me suis dit que ses tableaux en reflétaient exactement l'atmosphère. Des oeuvres dérangeantes, à la limite de la pornographie, empreintes d'une folie crue...
http://www.rustin.be


Jean Rustin

Par Naemia - Publié dans : ...lecture - Communauté : Litterature
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Samedi 29 août 2009
Le rapport de Brodeck Philippe Claudel Le métier de Brodeck n’est pas de raconter des histoires. Son activité consiste à établir de brèves notices sur l’état de la flore, des arbres, des saisons et du gibier, de la neige et des pluies, un travail sans importance pour son administration. Brodeck ne sait même pas si ses rapports parviennent à destination. Depuis la guerre, les courriers fonctionnent mal, il faudra beaucoup de temps pour que la situation s’améliore.
« On ne te demande pas un roman, c’est Rudi Gott, le maréchal-ferrant du village qui a parlé, tu diras les choses, c’est tout, comme pour un de tes rapports. »
Brodeck accepte. Au moins d’essayer. Comme dans ses rapports, donc, puisqu’il ne sait pas s’exprimer autrement. Mais pour cela, prévient-il, il faut que tout le monde soit d’accord, tout le village, tous les hameaux alentour. Brodeck est consciencieux à l’extrême, il ne veut rien cacher de ce qu’il a vu, il veut retrouver la vérité qu’il ne connait pas encore. Même si elle n’est pas bonne à entendre.
« A quoi cela te servirait-il Brodeck ? s’insurge le maire du village. N’as-tu pas eu ton lot de morts à la guerre ? Qu’est-ce qui ressemble plus à un mort qu’un autre mort, tu peux me le dire ? Tu dois consigner les événements, ne rien oublier, mais tu ne dois pas non plus ajouter de détails inutiles. Souviens-toi que tu seras lu par des gens qui occupent des postes très importants à la capitale. Oui, tu seras lu même si je sens que tu en doutes... » Brodeck a écouté la mise en garde du maire.
Ne pas s’éloigner du chemin, ne pas chercher ce qui n’existe pas ou ce qui n’existe plus. Pourtant, Brodeck fera exactement le contraire.

...Du même auteur, j'ai également lu Les âmes grises et La petite fille de Monsieur Linh et c'est assez pour voir cette constante dans l'écriture de Philippe Claudel : un style simple qui fait sa force. Oui cela donne de la force aux émotions, ces sentiments qui pourraient être ceux de tout à chacun, sans diatribes ni style ampoulé.
En gros, j'aime beaucoup ses livres et celui-ci en particulier, plus que La petite fille de Monsieur Linh.
En même temps ce livre évoque différemment la Shoah et les horreurs de la guerre...


"Moi, j'ai choisi de vivre, et ma punition, c'est ma vie."
Un personnage énigmatique, Brodeck, nous ouvre sa mémoire sur une page noire de l'Histoire : le destin inacceptable des juifs martyrs de la Shoah. Comment une foule peut transformer des individus en monstres ? Comment la peur de l'inconnu conduit à la haine et au meurtre ? Philippe Claudel avance doucement et trouve les mots justes. Tout est suggéré, on perçoit les odeurs, on entend la neige crisser sous les pas. Une parabole sur la folie des hommes, la vengeance et le pardon, un plaidoyer pour la différence.


Un extrait que j'ai relevé (p56) :
J'ai le sentiment que je ne suis pas fait pour ma vie. Je veux dire que ma vie déborde de toute part, qu'elle n'est pas taillée pour un homme comme moi, qu'elle se remplit de trop de choses, de trop d'événements, de trop de misères, de trop de failles. Peut-être est-ce ma faute ? Peut-être est-ce moi qui ne sais pas être un homme ? Qui ne sais pas prendre et laisser, faire le tri. Ou peut-être est-ce la faute de ce siècle dans lequel je vis et qui est un gros entonnoir où se déverse le trop-plein des jours, tout ce qui coupe, écorche, écrase et tranche. Ma tête parfois, je la sens sur le point d'exploser, comme une marmite qu'on aurait bourrée de poudre.
Par Naemia - Publié dans : ...lecture - Communauté : Litterature
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Samedi 25 juillet 2009
Cranes Wings of joy Genre : rock gothique / atmosphérique - Sorti en 1991
  1. Watersong
  2. Thursday
  3. Living and Breathing
  4. Leaves of Summer
  5. Starblood
  6. Sixth of May
  7. Wish
  8. Tomorrow's Tears
  9. Beautiful Sadness
  10. Hopes are High
  11. Adoration
Oh honte sur moi... Je possède tous les originaux des albums que je présente sur ce blog (sauf un que j'ai revendu ) mais pas celui-ci... cette erreur sera réparée prochainement

Cranes est un groupe britannique de rock , qui s'est formé au milieu des années 80 à Portsmouth. Le nom du groupe se réfère aux innombrables grues mécaniques (« crane » en anglais) qui dominaient le port de Portsmouth jusque dans les années 90.

La constante caractéristique du groupe est le chant de la chanteuse Alison Shaw, frêle femme-enfant à la voix particulière, proche de celle de la chanteuse française Vanessa Paradis. Le style musical a évolué d'un rock gothique assez sombre et brutal, dominé par les guitares à des ambiances beaucoup plus calmes et travaillées.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cranes

...Je n'apprécie pas forcément la voix de Vanessa Paradis et pourtant, celle d'Alison Shaw, qui lui ressemble beaucoup, est parfaite sur cet album. La grande différence est sûrement que la musique est excellente ...

Expérimenter la musique de Cranes, c'est visiter le rêve de quelqu'un d'autre : on est fasciné par tant de magnificence mais on avance à pas prudent. On sent bien que le groupe est torturé. L'ambiance peut paraître parfois extrémement pesante, à d'autre moment le caractère éthérée d'une ligne mélodique semble dissimuler une tonalité terrifiante. Derrière une atmosphère de beauté candide peut se révéler une violence déployée par surprise. A la fin, on ne sait plus nous-même par quel côté de l'ambiguïté on est attiré.






Et même encore d'autres à écouter :
Beautiful sadness : http://www.youtube.com/watch?v=ER_Aasuzyd8
Watersong : http://www.youtube.com/watch?v=kK64upH1HMc
Adoration : http://www.youtube.com/watch?v=QB0C5zM_g4Q
Par Naemia - Publié dans : ...musique - Communauté : Musiques
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